Je rebondis sur une question posée par Véronique Devos qui fait partie de l’excellent groupe Observatoire des Tendances sur Linkedin que je suis souvent mais auquel je n’ai que très peu de temps pour contribuer comme il se devrait tant la pertinence de certaines questions me donnent envie de réagir (- ;
Se poser les bonnes questions, n’est-ce pas faire la moitié du chemin vers une bonne réponse ?
Bref, ce sujet qui est connexe à mes recherches mérite que je m’y attarde pour donner un point de vue mais aussi celui de nombreux chercheurs et philosophes.
Je vais par conséquent rebondir sur certains des commentaires de différents contributeurs en les citant. Ceux qui voudront voir ces réponses n’auront qu’à se connecter sur le lien suivant : http://www.le-lobe.com/2011/05/quelle-musique-change-ma-vie.html.
Et pourront aussi découvrir pas mal d’articles qui traitent de ce sujet dans mon Blog. Mon idée n’est pas de faire de la promo pour mon Blog (qui n’en n’a pas besoin) mais de vous faire partager des points de vue qui peuvent compléter vos/nos échanges.
@ Liliane, Jacques, Hervé (La réponse est dans la question, non ? (-;)
La musique est, à mon sens, un marqueur de l’expérience vécue. Elle accompagne notre vie tout du long. C’est le pouvoir de mémoire qui nous évoque un moment vécu. L’évocation, c’est la capacité de nous transporter entre Nostalgie pour le passé et Plaisir pour le présent (Peter Szendy). C’est d’ailleurs pour cela que je pense qu’une grande partie de nos goûts se forgent à l’adolescence. Moment des débuts de notre vie en tribu. Ensuite comme le dit justement Hervé, ce sont des moments privilégiés avec un être aimé, une rencontre ou tout simplement une révélation de l’âme qui vont orienter nos goûts vers telle ou telle autre musique qui nous fera vibrer. Mais toujours contextualisé à un environnement de vie.
@ Corinne (Grossesse)
Oui effectivement, la musique adoucit les meurs (- : les dernières recherches montrent que la musique douce (classique, low tempo…) fait baisser le taux de cortisol (hormone du stress) dans le corps des gens qui y sont exposés (Stéphane Khalfa).
Le bébé dans le ventre de sa maman entend le rythme cardiaque (environ 70 bpm). Si ce rythme s’élève chez la maman alors le bébé est « destabilisé » et il se met à bouger. Lorsque les pulsations redeviennent normales le bébé se calme. Le rythme cardiaque du bébé est lui beaucoup plus élevé dans cette phase de croissance. Un bébé (si il n’a pas été sollicité par l’haptnomie) naît les yeux fermés. Les deux sens dominants sont l’ouïe et l’odorat. Ils deviennent culturellement récessifs pour donner naissance à un sens culturellement dominant, la vue. Il est d’ailleurs intéressant de noter que le tempo de 70bpm est celui préféré (en dominante de l’être humain) car il suit le rythme cardiaque et procure un sentiment de détente (Adrian North).
@ Olivier (Pratique du divin)
Effectivement, je suis aussi musicien et je pense que la musique nous transforme et nous procure une forme d’élévation et de jouissance. Par ailleurs, il est intéressant de noter que la pratique modifie aussi notre cerveau. Le fameux signe oméga. Elle développe le corps calleux (entre hémisphère droit et hémisphère gauche) et créée des connexions (synapses) entre les cellules nerveuses. Les études montrent qu’elle favorise l’apprentissage du langage, la concentration mais aussi le lien social pour ceux qui pratiquent en groupe. L’éducation nationale devrait lire les dernières études de Emmanuel Bigand sur les aspects de la cognition (Intelligence et plasticité cérébrale).
@Melissa (Silence)
Le silence est indispensable à la musique comme la respiration est indispensable à la vie. Il permet de cristalliser l’attention. Le silence absolu n’existe malheureusement pas. Il y a d’ailleurs une œuvre de John Cage 4’’33 qui est tout à fait remarquable sur le sujet.
@ Hervé (Paysages sonores)
Je conseille l’excellent livre de R.Murray Schafer « Paysage sonore » qui vient d’être réédité et qui parle de Pollution et d’écologie sonore. Je me souviens - revenant de 5 années en Afrique – de cette acuité (perdue depuis) devant les sons de la nature. La pollution sonore, ce sont les bruits que nous intégrons dans notre quotidien pour ne plus les entendre. Un petit tour dans le Bocage Normand nous le fait ressentir.
@ Jacques (émotions)
Je nommerais mes commentaires à vos intéressantes réponses, la madeleine et la ritournelle.
Il y a dés la toute petite enfance une importance du « parler bébé ». La mélodie du langage reste essentielle à la communication entre la mère et l’enfant après la naissance. Ce « parler » est caractérisé par des tonalités hautes, une large gamme de tonalités, des débits ralentis et des phrases courtes. Ces exagérations mélodiques permettent au bébé (Qui ne peut saisir la signification des mots) de comprendre les intentions de sa maman. Par exemple un contour tonal montant va amener à une forme d’enthousiasme, descendant pour consoler…Le langage de la musique est universel et on l’acquiert de façon tout aussi spontanée que l’on apprend à parler (Barbara Tillman). Il suffit d’écouter de la musique pour apprendre et non de pratiquer. Par ailleurs, Emmanuel Bigand a fait un certain nombre de recherches sur la perception musicale (J’ai des bémols sur ce sujet) mais il a démontré (au plan cognitif) que les auditeurs d’une musique savent reconnaître une musique triste, gaie ou inquiétante de la même façon qu’ils reconnaissent un danger. Alors évidemment, en fonction d’une culture donnée et d’une expérience vécue, les perceptions peuvent être très différentes. Pour préciser, je traduis par émotions musicales, des émotions constituées à des degrés divers de la colère, la peur, le désespoir, la sérénité et la gaieté (Pour mettre des mots dessus). Car le terme d’émotion peut être un peu flou. En ce qui concerne la ritournelle qui est un marqueur - qui est à mon sens culturel – entre la maman et son bébé, il faut savoir tout de même que les formes et les structures musicales sont communes à l’être humain . Ces invariants musicaux sont les notes organisées en gamme, un nombre réduit de notes, une répétition à travers les octaves…Correspondant à des invariants cognitifs (Mémoire immédiate pour le nombre réduit de notes par exemple). Elles sont communes à l’être humain car on peut imaginer qu’elles sont liées à nos « capacités » à l’instant T de notre évolution.
@ Fayza (Amorçage cognitif et influence sur la perception)
Effectivement la musique influe sur notre mental. C’est le côté « Big Brother is listening… »Il y a d’ailleurs des gens qui utilisent cette technique dite de « l’amorçage cognitif ». Par exemple, vous rentrez dans une cave pour acheter un bon vin de pays pour une soirée entre amis et vous ressortez avec un Château Laffitte. Nicolas Guéguen en parle très bien. Par exemple, le concerto pour piano en ut mineur de Mozart diffusé, envahit doucement vos oreilles et par association (Qualité, raffinement, culture…), vous allez vous diriger vers les grands vins. On appelle cela l’effet Château Lafitte. Même chose sur le tempo, par exemple. Vous êtes au bar et on veut vous faire boire votre verre plus vite. Il suffit d’augmenter le tempo. Cependant un autre aspect est que votre expérience vécue va influer sur votre perception d’une musique mais cela fait partie de votre intimité (- :
En tous cas pour moi :
A 8 ans, la première fois que j’ai été à l’Opéra Garnier : Le Lac des Cygnes
Entre 8 et 13 : Mozart, Beethoven, Chopin…Car ma grand mère était concertiste et jouait beaucoup à la maison
A 13 ans Bill Halley – Rock around the Clock
Murray head pour les slow et Hôtel California
Puis Genesis, / The Lamb Lies Down puis Clash, London Calling
Et j’arrête là ce serait trop long (- :
Quelle musique a changé ma vie ?
mercredi 11 mai 2011
Publié par
Olivier Covo
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1 commentaires:
. Afin d'éclairer le lecteur sur la question que je posais il y a plus de trois mois "Quelle musique a changé votre vie ?" sur le groupe "l'observatoire des tendances", voici mon post du même premier âge, à ce moment là nous n'étions que trois :
"Véronique Devos • Pour ma part, @Liliane et Jacques, j'ai toujours été sensible aux instruments quels qu'ils soient et par extension aux sons qu'ils produisent. Ce sont eux qui dirigent mes choix musicaux. Donc, je rejoins @Liliane pour sa référence aux vibrations.
Le premier instrument rencontré avant la naissance de l'enfant, donc in utero, est d'une part le corps de sa mère qui lui sert de "caisse" de résonance à tout son produit par elle ou par lui-même… et d'autre part la voix de la mère...
En ce sens, il s’agit bien d’un instrument vibratoire…
Donc, bien avant la berceuse @Jacques… :-)"
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